Entrevue d’Yvon Dupuis par Charles Thériault du journal Le Droit

Yvon Dupuis, co-fondateur de Diku Dilenga (Canada), a eu l’honneur d’être nommé « Personalité de la semaine Radio-Canada — Le Droit » pour la semaine du 14 janvier 2008. Le Droit est un journal francophone publié dans la région de Gatineau, au Canada. Voici la retranscription de l’article du Droit.

L’article a été publié sur le site Web du Droit, la semaine du 14 janvier 2008. Une copie de l’article quasi-identique (moins les bandeaux publicitaires) est archivée sur notre site.

Le lundi 14 janvier 2008

YVON DUPUIS
L’homme qui défie la pauvreté

Charles Thériault
Le Droit

Yvon Dupuis dans son bureau

Yvon Dupuis dans son bureau

Yvon Dupuis consacre ses efforts à la lutte à la pauvreté extrême dans le monde.

Cet ancien fonctionnaire fédéral oeuvre pour le chapitre gatinois de Résultats Canada, un organisme qui milite en faveur de la lutte à la pauvreté et qui fait pression sur les gouvernements afin que ceux-ci y consacrent plus de ressources et d’argent. Résultats Canada est le pendant canadien d’un organisme similaire fondé aux États-Unis

“Il y a des groupes semblables dans neuf pays à travers le monde et j’essaie de créer de nouveaux chapitres de Résultats Canada au pays afin d’aller chercher encore plus de gens. Il faut sans cesse rappeler aux politiciens l’importance de la lutte à la pauvreté dans le monde. Il n’y a pas lieu de se gêner car nous sommes les patrons des politiciens, pas le contraire. C’est facile d’oublier la pauvreté parmi toutes les autres priorités. On est préoccupé par nos défis quotidiens mais on oublie que le monde se rapetisse de plus en plus. Le fameux “village global” est une réalité et ce qui se passe ailleurs dans le monde a une répercussion sur nous aussi. Ainsi, les maladies font le tour de la planète en quelques jours”, fait valoir M. Dupuis.

D’Argenteuil à Gatineau

Originaire de Saint-André d’Argenteuil, près de Lachute, Yvon Dupuis a grandi le long de la rivière des Outaouais. Son père pratiquait un métier peu commun : celui d’éclusier. “Il travaillait au canal de Carillon qui permettait aux bateaux d’éviter les rapides du Long-Sault entre Grenville et Carillon. Après la construction du barrage de Carillon par Hydro-Québec, au début des années 1960, mon père n’avait plus d’emploi et il a été muté au canal Rideau où il a été éclusier durant de nombreuses années. Je me souviens, notre premier logement dans la région se trouvait sur le boulevard Saint-Raymond. Nous étions quatre enfants et, nous les deux garçons, couchions dans le salon, tellement c’était petit”, raconte en souriant M. Dupuis.

Déraciné à l’âge de 16 ans, Yvon Dupuis décide d’entrer sur le marché du travail et il trouve rapidement du travail au gouvernement fédéral. Il a passé toute sa carrière au ministère du Revenu mais comme il est entré au gouvernement très jeune, il a pu prendre sa retraite à l’âge de 55 ans.

Père de deux enfants et grand-père deux fois, Yvon Dupuis reconnaît que sa vie a été assez facile. “La vie m’a gâté. Mes enfants et petits-enfants sont heureux et en santé et j’aimerais que tous les enfants du monde connaissent le même bonheur et c’est pourquoi je me suis intéressé à Résultats Canada. En 1991, un rapport de l’UNICEF révélait que 42 000 enfants mouraient chaque jour en raison de la pauvreté extrême. Pourquoi autant d’enfants meurent ainsi alors qu’on a développé les technologies le plus sophistiquées qui soient. J’ai décidé d’essayer de trouver des solutions”, ajoute M. Dupuis.

Résultats Canada

Résultats Canada n’organise pas de grands projets de développement international mais il supporte le micro crédit, une forme de développement reconnue pour son efficacité à combattre la pauvreté.

Le micro crédit consiste à consentir des prêts pour de très petits montants (parfois moins de 100 $) à des personnes qui ne peuvent obtenir un prêt à la banque mais qui ont un bon projet d’entreprise. “Au Kenya comme dans plusieurs pays, le micro crédit s’adresse principalement aux femmes qui veulent avoir leur propre petit commerce ou démarrer une toute petite entreprise. En 1999, une cinquantaine de femmes de la rue qui voulaient sortir de la misère, ont amassé des fonds pour créer ce système. Aujourd’hui, le fonds compte 170 000 clients. Mais il faut que ce système de micro crédit soit bien organisé pour réussir.

Au Congo, un organisme semblable appelé Diku Dilenga offre aussi du micro crédit. Ce sont des gens d’ici qui ont amassé de l’argent pour aider à démarrer ce projet. Il y a des gens fiables qui gèrent ces fonds au Congo”, explique M. Dupuis.

Yvon Dupuis consacre une partie de son temps à Résultats Canada mais il a aussi d’autres loisirs. Il est membre de la chorale de la paroisse Sainte-Élisabeth de Cantley et il joue au golf. “J’aime aussi la marche. Durant plusieurs années, je vivais au centre-ville dans le secteur Hull et je pouvais aller travailler à pied ou en vélo. Mais ce que j’aime le plus c’est apprendre, apprendre tout le temps. À 59 ans, j’apprends encore et ça me rend très heureux”.

M. Dupuis aimerait aussi voyager un peu dans certains pays du Tiers-monde. Il devait se rendre au Kenya pour constater le succès des projets de micro crédit mais une blessure aux côtes l’a empêché de faire le voyage. Il compte bien y aller dès que possible. “Il y a plein de bonnes idées à développer pour créer des liens d’amitié un peu partout et bâtir un monde meilleur”, conclut-il.

Vous pouvez entendre la Personnalité de la semaine tous les lundis, à 8 h 40, dans l’émission Bernier et Cie diffusée à la radio de Radio-Canada sur le 90,7 FM, ainsi qu’au Téléjournal Midi, animé par Nathalie Tremblay, à la télévision de Radio-Canada.